Le prix Médicis 2026 a été attribué à Philippe Vasset pour « Dans les grandes lignes » (Flammarion), un récit dans lequel l’écrivain suit à pied, à travers la France, le tracé des lignes à très haute tension. Le jury l’a proclamé ce lundi 2 novembre au restaurant La Méditerranée, à Paris.
- Roman français : Philippe Vasset, Dans les grandes lignes (Flammarion).
- Roman étranger : Eva Baltasar, Déclin et fascination (Verdier), traduit du catalan par Annie Bats.
- Essai : Jean-Baptiste Del Amo, Une éclaircie (Stock), et un prix spécial pour Richard Zenith.
- Prochaine étape : le Goncourt et le Renaudot sont proclamés demain, mardi 3 novembre.
Plan de l'article
Qui a gagné le prix Médicis 2026 ? #
Philippe Vasset succède à Emmanuel Carrère, couronné en 2025 pour Kolkhoze (P.O.L). Le jury, présidé par la romancière Pascale Roze, compte notamment Marie Darrieussecq, Anne F. Garréta, Patrick Grainville et Andreï Makine. Selon le règlement rappelé par franceinfo, chaque juré vote à bulletin secret jusqu’à ce qu’un livre obtienne la majorité.
Le jury a aussi distingué trois autres livres le même jour. Le tableau ci-dessous reprend le palmarès complet, tel que l’ont publié Livres Hebdo, Ouest-France et Le Figaro.
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| Catégorie | Lauréat | Livre | Éditeur |
|---|---|---|---|
| Roman français | Philippe Vasset | Dans les grandes lignes | Flammarion |
| Roman étranger | Eva Baltasar | Déclin et fascination | Verdier |
| Essai | Jean-Baptiste Del Amo | Une éclaircie | Stock |
| Prix spécial du jury | Richard Zenith | Pessoa, l’œuvre-vie | Seuil |
Que raconte « Dans les grandes lignes » ? #
Le point de départ est simple et un peu fou. Selon son éditeur, cité par franceinfo, l’auteur « s’est mis en tête de suivre, à pied et à travers la France », le tracé des lignes à haute tension, « cheminant pendant de longs mois sous les câbles qui nervurent la géographie ». Pas de route toute tracée : il faut couper par les champs et les bois, franchir autoroutes et voies de TGV, contourner les zones interdites.
Dans sa critique, La Libre raconte que tout part d’une journée à Gennevilliers, où l’écrivain découvre les grésillements de ces pylônes géants. Il découvre ensuite que Paris est cerné par un anneau de lignes à très haute tension, dont le tour dépasse 250 kilomètres. Le voyage le mène jusqu’aux Alpes et à la mer du Nord.
Livres Hebdo résume l’enjeu : au-delà des paysages méconnus et des rencontres insolites, le livre montre ce que l’électricité fait au territoire, et à l’esprit de celui qui la suit. La Libre le présente comme un récit, franceinfo et Libération comme un roman.
Qui est Philippe Vasset ? #
Né en 1972, Philippe Vasset mène deux carrières en parallèle : journaliste d’enquête et écrivain. Le Médicis est, d’après franceinfo, son premier grand prix littéraire. Sa marque de fabrique tient en une idée : aller physiquement sur le terrain, puis en tirer un livre.
- Un livre blanc (Fayard, 2007) : il arpente les « zones blanches » des cartes IGN, ces lieux en marge des villes sur lesquels les cartes restent muettes.
- Une vie en l’air (Fayard, 2018) : il revient sans cesse sur les vestiges de l’aérotrain, projet futuriste jamais achevé, dans le Loiret.
- Journal intime d’un maître-chanteur (Flammarion, 2024) : après ceux d’un marchand de canons (2009) et d’une prédatrice (2010), un nouveau « journal intime » fictif.
La Libre le rapproche de Georges Perec, Sophie Calle ou Jean Rolin : des écrivains qui se lancent un défi, souvent physique, et en font une œuvre. Dans les grandes lignes prolonge exactement cette démarche, à l’échelle du pays.
Qui étaient les autres finalistes ? #
Le 15 octobre, le jury avait retenu sept romans français, neuf romans étrangers et douze essais. Face à Philippe Vasset, les six autres finalistes du roman français étaient :
- Lucie Bérard, Décolorer sa fille (Les Intranquilles) ;
- Anne Godard, Nous aussi (Actes Sud) ;
- Emma Marsantes, N’efface pas mes cercles (Verdier) ;
- Daria Marx, Tuer le vieux (Flammarion) ;
- Lucie Rico, Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? (P.O.L) ;
- Sarah Tadlaoui, Croire au code (Héloïse d’Ormesson).
Le roman de Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir (Grasset), figurait dans la première sélection mais avait été écarté le 15 octobre, après les soupçons de recours à l’intelligence artificielle. Nous avions suivi cette affaire dans notre article sur le Renaudot 2026 et le cas Thélyson Orélien.
Et Anne Godard, déjà couronnée cet automne ? #
Finaliste malheureuse du Médicis, Anne Godard ne repart pas les mains vides de la saison. Elle a reçu le prix Décembre 2026 le mardi 27 octobre, chez Prunier à Paris, pour Nous aussi, d’après Livres Hebdo et franceinfo. Le roman, portrait d’une famille bourgeoise du 5e arrondissement de Paris, dépasse les 50 000 exemplaires vendus selon Livres Hebdo.
Ce que le Médicis a couronné ces dernières années #
Créé en 1958 par Gala Barbisan et Jean-Pierre Giraudoux, le Médicis veut distinguer des écritures audacieuses, souvent en marge des courants dominants. Ses derniers lauréats en roman français :
- 2021 : Christine Angot, Le Voyage dans l’Est (Flammarion) ;
- 2022 : Emmanuelle Bayamack-Tam, La Treizième Heure (P.O.L) ;
- 2023 : Kevin Lambert, Que notre joie demeure (Le Nouvel Attila) ;
- 2024 : Julia Deck, Ann d’Angleterre (Seuil) ;
- 2025 : Emmanuel Carrère, Kolkhoze (P.O.L).
Avec un livre de marche et d’exploration, le choix de 2026 reste fidèle à cette ligne : un texte inclassable plutôt qu’un roman de facture classique.
Questions fréquentes #
Qui a reçu le prix Médicis 2026 ?
De quoi parle « Dans les grandes lignes » ?
Quand sont proclamés le Goncourt et le Renaudot 2026 ?
À retenir #
- Philippe Vasset remporte le Médicis 2026 avec Dans les grandes lignes, un périple à pied sous les lignes à haute tension.
- Eva Baltasar (roman étranger) et Jean-Baptiste Del Amo (essai) complètent le palmarès.
- Anne Godard, finaliste, avait déjà reçu le prix Décembre le 27 octobre.
- Rendez-vous demain, mardi 3 novembre, pour le Goncourt et le Renaudot.




