Si l’on parle autant de Philippe Besson en ce moment, c’est pour son nouveau récit autobiographique, « La première phrase du premier livre » (Julliard, paru le 3 septembre 2026, 240 pages, 21 €), qui raconte tout ce qui a précédé son premier roman, vingt-cinq ans après ses débuts. Le texte remonte les années 1970 à 2000 — l’enfance rurale en Charente, l’adolescence sous la violence homophobe des années 1980, les amis emportés par le sida — pour comprendre comment une vocation d’écrivain s’est construite presque à son insu. L’auteur sort d’un week-end de rencontres au salon Le Livre sur la Place à Nancy, du 11 au 13 septembre, où il présentait ce récit des origines.
En bref #
- « La première phrase du premier livre » est paru chez Julliard le 3 septembre 2026 (240 pages, 21 €).
- Le récit couvre les années 1970 à 2000, jusqu’à l’écriture d’« En l’absence des hommes », son premier roman publié en 2001.
- Besson le présente comme une « autobiographie collective », où toute une génération peut se reconnaître.
- En parallèle, son premier roman ressort en édition collector chez Pocket, préfacée par l’écrivain Arnaud Cathrine, pour ses 25 ans de littérature.
25 ans après son premier roman, un retour aux origines #
Le point de départ est simple : en 2001 paraît « En l’absence des hommes », premier roman de Philippe Besson, couronné la même année du prix Emmanuel-Roblès. Vingt-cinq ans plus tard, l’écrivain revient à ce moment inaugural avec un livre qui ne raconte pas la carrière, mais tout ce qui l’a précédée : il remonte aux années d’avant la littérature, quand Besson n’est pas encore l’écrivain d’une vingtaine de romans que l’on connaît.
Le récit traverse son enfance à Lamérac, en Charente, dans un cadre rural protégé — père instituteur, mère secrétaire de notaire, vacances à l’île de Ré —, puis l’adolescence et les débuts parisiens, jusqu’à l’instant précis où naît la fameuse phrase du premier roman. Pour marquer l’anniversaire, ce premier texte ressort simultanément en édition collector de poche chez Pocket, avec une préface d’Arnaud Cathrine.
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Que raconte vraiment « La première phrase du premier livre » ? #
Besson y déroule une chronologie intime, des années 1970 à 2000. On y suit l’enfant charentais, puis le jeune homme qui découvre son homosexualité dans un climat où la violence homophobe des années 1980 pèse lourd. Le récit mêle souvenirs personnels et repères collectifs : la peur du sida, qui emporte des proches — dont son ami Matthieu, disparu à l’hôpital, raconte la critique de franceinfo Culture —, les transformations du rapport au corps, au désir, au secret.
L’ensemble garde une lumière douce-amère, mais revient sans détour sur la disparition et l’absence, thèmes familiers de son œuvre. Le fil rouge reste clair : comprendre d’où vient la phrase originelle d’« En l’absence des hommes », et comment toute une vie d’avant l’écriture s’y condense.
« J’ai seize ans. Je suis né avec le siècle. » #
C’est l’incipit d’« En l’absence des hommes » : le narrateur, Vincent, seize ans pendant l’été 1916, y vit une passion avec Arthur, jeune soldat en permission, tout en nouant une amitié singulière avec Marcel Proust. Le nouveau récit remonte obstinément vers cette ligne fondatrice, comme pour savoir d’où elle vient et ce qu’elle engage.
Se dire né « avec le siècle », c’est inscrire une histoire personnelle dans une chronologie plus large, faire dialoguer mémoire intime et histoire collective. Toute la démarche du livre de 2026 est déjà là.
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Du DRH au romancier : une vocation à contretemps #
Détail que les lecteurs fidèles connaissent, mais qui surprend toujours : Besson ne grandit pas dans l’idée de devenir écrivain. Juriste de formation, monté à Paris en 1989, il enseigne le droit social puis fait carrière dans les ressources humaines — notamment comme DRH de l’institut de sondage IFOP, aux côtés de Laurence Parisot, puis chez Club Internet. C’est à 34 ans qu’il quitte l’entreprise pour se consacrer à l’écriture.
« La première phrase du premier livre » raconte ce décalage : la vocation n’est pas toujours évidente dès l’enfance ; elle surgit parfois après coup, quand les lectures, les pertes et les silences accumulés finissent par déborder.
Le silence, matrice de l’écriture #
Au centre du livre, il y a le silence. Interrogé dans l’émission Vertigo de la RTS le 2 septembre 2026, Besson explique être venu à l’écriture « pour faire un sort à ce silence » : celui des non-dits familiaux, de la honte diffuse, des conversations interrompues trop vite. Écrire, pour lui, revient aussi à redonner vie aux absents — une constante depuis son premier roman peuplé de lettres et de deuils.
D’où la formule qu’il emploie pour décrire ce texte : une autobiographie collective, dans laquelle, espère-t-il, beaucoup pourront se reconnaître — la génération devenue adulte avec la menace du virus en toile de fond, et pour qui la liberté se gagnait en affrontant des regards hostiles.
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Le livre en un coup d’œil #
| Titre | Éditeur | Parution | Pages | Prix | Genre |
|---|---|---|---|---|---|
| « La première phrase du premier livre » | Julliard | 3 septembre 2026 | 240 | 21 € | Récit autobiographique |
Une rentrée littéraire très exposée #
La parution s’accompagne d’une présence soutenue en médias et en salons : entretiens à la RTS et au Figaro, critique de franceinfo Culture saluant « un roman attachant » à la « nostalgie douce-amère », et surtout le bain de foule du Livre sur la Place de Nancy, du 11 au 13 septembre, premier grand salon de la rentrée littéraire. Ces rencontres prolongent la dimension collective du récit : les lecteurs viennent y confronter leurs propres souvenirs des années 1980-1990 à ceux de l’auteur.
Pour situer ce titre dans la production de la rentrée, notre panorama des tendances de la rentrée littéraire 2026 replace ce type de récit autobiographique dans son contexte ; et pour mesurer le chemin parcouru depuis 2001, notre dossier sur les grands écrivains français rappelle combien les parcours d’auteurs venus d’ailleurs que du sérail nourrissent la littérature.
FAQ #
De quoi parle exactement « La première phrase du premier livre » ?
Le livre couvre les années 1970 à 2000 de la vie de Philippe Besson : enfance rurale à Lamérac en Charente, père instituteur et mère secrétaire de notaire, vacances à l’île de Ré, adolescence marquée par la violence homophobe des années 1980, arrivée à Paris, perte d’amis emportés par le sida, jusqu’à l’écriture de son premier roman.
Pourquoi Besson parle-t-il d’« autobiographie collective » ?
Parce que le récit croise ses souvenirs personnels avec les grands repères de ces décennies — climat social autour de l’homosexualité, épidémie de sida, transformations de la société française. Il espère que beaucoup de lecteurs de sa génération s’y reconnaîtront.
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Quel lien avec « En l’absence des hommes » ?
« La première phrase du premier livre » revient sur la genèse de son premier roman, paru en 2001 et récompensé du prix Emmanuel-Roblès. Pour les 25 ans, ce roman ressort en parallèle en édition collector chez Pocket, préfacée par Arnaud Cathrine.
À retenir #
Philippe Besson signe avec « La première phrase du premier livre » (Julliard, 3 septembre 2026, 240 pages, 21 €) un récit qui remonte aux années 1970-2000 pour comprendre comment un enfant de Charente, marqué par le secret, la violence homophobe et le sida, devient à 34 ans — après une carrière de DRH — l’écrivain d’« En l’absence des hommes ». Une autobiographie collective qui parle autant de lui que d’une génération, et que l’auteur défend salon après salon en cette rentrée littéraire.
Sources : franceinfo Culture · RTS (Vertigo) · Julliard / Lisez · L’Éclaireur Fnac
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Plan de l'article
- En bref
- 25 ans après son premier roman, un retour aux origines
- Que raconte vraiment « La première phrase du premier livre » ?
- « J’ai seize ans. Je suis né avec le siècle. »
- Du DRH au romancier : une vocation à contretemps
- Le silence, matrice de l’écriture
- Le livre en un coup d’œil
- Une rentrée littéraire très exposée
- FAQ
- À retenir